
Ce n’est pas
de pécule fiction dont je vais parler, aujourd’hui j’aborde un sujet hautement
spirituel, je m’incline devant le nouveau Dieu Rayonnant et Omniscient, le sus
nommé blé, braise, cash, flouse, fric, galette, grisbi, jonc, oseille, pépètes,
pèse, picaillons, fifrelins, pognon, radis, répondant, sous, trèfle, coupure,
espèces, liquide, numéraire, biffeton, fafiot, magot, cagnotte, argent… Autant
nous étions embarrassés avec l’ancien, à peine avions-nous : Créateur, Père
céleste, Tout-Puissant, Seigneur, alors que notre nouveau Dieu est bien plus
prolixe dans ses dénominations, au moins nous n’avons que l’embarras du choix
avec lui.
Le nouveau
Dieu Fric est trop ventru, il ne sait plus quoi faire de ses liquidités : 650
000 milliards de dollars ! 11 fois la richesse mondiale annuelle !
Tous les jours 9000 milliards de dollars s’écoulent de son gros bide, cette
fétidité envahit tout, elle spécule sur le blé, sur le riz, sur le pétrole,
elle rachète les sociétés pour peanuts, exige ses 15 % de rendement, car faire
travailler la fétidité c’est faire travailler les nouveaux esclaves en leur
donnant de moins en moins, c’est à dire à peine de quoi pouvoir subsister afin
qu’ils puissent continuer à être exploités.
Enfin, vous
vous dites, ça, c’est bon pour l’étranger, pas de ça chez nous…
Ben voyons,
nos patrons du CAC 40 ont vu bondir leurs revenus de 58% en 2007, même mauvais
ils partent avec des retraites équivalentes au PNB d’un pays africain. Pendant
ce temps, les caissières de la plus grande chaîne d’hyper française ont fait
grève pour obtenir 1 € de plus : refus de la direction ! C’est à se
demander si on ne veut pas pousser vers une guerre civile sociale, tant
d’imbécillité effraie…
Heureusement,
nos pauvres à nous ils ont des toilettes… Figurez vous que dans le monde 2,5
milliards d’humains n’ont pas de toilettes, à peine un tiers des habitants de
la planète…
Comme chacun
sait, le pauvre né sans appétit, un sens manifestement superfétatoire chez eux et
c’est bien heureux, ainsi les Haïtiens mangent de la terre (véridique…) mais
ils le font sans ce fameux appétit dont ils sont – par chance – dépourvus.
L’absence de goût, chez le pauvre, confine au néant, rien ne les intéresse, on
les voit s’adonner à une apathie excessive avec leurs gros ventres remplis de
terre. Au lieu de s’intéresser à la nouvelle religion, au lieu de boursicoter,
de spéculer, ils ne font rien, ils ne lisent même pas « la Tribune »
afin de mieux employer leur temps.
Et puis que
feraient-ils de toilettes puisqu’ils rejettent de la terre ?
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